08.07.2007
41) Moi en tout cas 1) je me méfie de l’eau qui dort 2) j’adore marcher pieds nus. Allez en route...
J'ai lâché les reines de ce blog pour pédaler, disais-je... Me refaire une santé. Pas un bricolage. Non, la grande santé et tout, avec un coeur de fer des poumons en velours et des jambes de bête. Après ce que je leur ai mis, je leur dois bien ça. Mais là cette fois-ci c'est pour nager. Non c'est pas un triathlon ! C'est le hasard du transformiste. C'est juste des vacances. Du moins à la base....
Donc me voilà avec palmes-masque-tuba, dans l'eau plutôt froide mais bon on s'y fait. Je longe les rochers, des pseudo-falaises tel le serpent de mer, jusqu'à qu'il n'y ait plus âme qui vive, seulement des poissons partout, des bancs entiers de petits, des moyens par paquets et des gros un peu solitaire, qui ont l’air de grave se faire chier. Je continue à m'éloigner des côtes et bien sûr je vois la distance se creuser avec le fond, je distingue sous l'eau des formes gigantesques, comme des phallus de pierres, des montagnes d'algues, également des lumières guirlandes clognotements; peut-être des bateaux, des labyrinthes, les cités d'or perdues .
Et soudain je suis saisi de vertige ou de quelque chose dans le genre devant cette mer toute puissante d'immensité : Je me sens ridicule grenouille dans une marmite gigantesque, un détail, un petit rien à la surface d’une soupe infinie : je me dis que je vais sûrement y passer. Je me sens solidaire du moustique et l’araignée-domestique : même précarité de destinée. On pèse que dalle devant eux, les autres, tapis... Aïe, une sorte de monstrueux prédateurs devrait sous peu m'attraper par les jambes et m'entraîner vers ce fond que je n'atteindrais même pas vivant... Oui c'est sûr je suis une proie, un hameçon, et quelque chose de terriblement visqueux et démoniaque va surgir des profondeurs et m'engloutir comme une huître. Mon dieu ! Combien de litres de cette eau puis-je avaler avant de mourir ? J'ai beau être à la surface et sûr de ma nage, j'ai l'impression pourtant que je flotte par miracle, je me sens observé, en sursis, sous peu je vais tomber, être appelé... à comparaître dans le fond...
Tout ça fait que je chope grave les boules. Ouiii j'ai peur ! La perspective de me noyer ou de me voir arracher un bout de corps par un fourmilier des mers m'enchante plus que moyen et même me fait paniquer : Ouiiii je panique, à moi !!!!!, je me mets à crawler comme un malade direction la côte, Vite !!! Plus vite !! Bordel !!! On rentre au bercail, la terre mère, le dur... De loin je dois avoir l'air d'un hors-bord qui va se scratcher sur la plage. Je suis si bien lancé que maintenant si un crocodile géant et tout vicieux venait m'arracher les jambes, je continuerai à crawler comme si de rien était, voire même j'arriverais plus vite au bord.
D'ailleurs j'y arrive... sur les rochers, je suis exténué, j’ai la poitrine qui va exploser, j'ai la tête trouée d'hyperventilation, j'ai envie de vomir, je vérifie que j’ai bien encore mes jambes, ouf oui c’est bon, même mes palmes… que je suis d’ailleurs incapable d'enlever, mais je suis bien entier et maintenant hors de danger, sauvé, tellement soulagé d’être en vie, un putain de rescapé ! Heureux que mon heure ne soit pas encore venue, j’ai encore de grandes chose à accomplir ! comme euh…ça me vient pas là, mais y’en a c’est sûr. Je l'ai échappé belle, c’était moins une, j’vous dis, je l'ai senti tout près, juste là, à quelques mètres, l'horreur. C’est quoi cette manie de se jeter dans la gueule de la loutre, de prendre ces risques inconsidérés en allant provoquer tous ces créatures du silence qui peuvent pas encadrer les hommes, qui les haïssent du plus profond de leurs écailles ! Plus elles en bouffent mieux elles se portent. Saloperie de monstre.
Mon coeur retrouve enfin son tempo de croisière. Je regarde le ciel et repense à ces derniers jours... C'est bon d'être dehors tout le temps ! Vivre à l'air libre comme l'oiseau, la lune ou le clodo. La nuit comme le jour m'appartiennent. Je me lève, ôte mes palmes : c'est plus pratique pour rejoindre le campement à quelques kilomètres de là et puis j'adore marcher pieds nus, sur les chemins, les graviers, les cailloux, les mollards, les crottes de chien bien molles (sous le pied, on dirait des coulommiers) et en générale sur les routes bien chauffées par le soleil d'été : le goudron brûlant : MIAM ! À la limite du supportable... Un jour j'aurai une grosse corne sous les plantes de pieds genre rhinocéros-cocu, j'aurais l'allure d'un fakir ou d'une poufiasse qui claudique avec ses talons compensés.
Ce sont finalement les chaussures en nous coupant du sol qui nous déresponsabilise de notre environnement : pieds nus il ne me viendrait pas à l'idée de laisser derrière mon passage le moindre détritus, je prends conscience des surfaces, du souffle de la terre, ma marche est un câlin, et mon pas, un baiser sur la bouche. Mais je ne peux pas me laisser gagner par la rêverie, je dois rester vigilants, les pièges sont nombreux. Me voilà par exemple en train de traverser une sorte de charnier de plastiques et de verres, un espace souillé, probablement par des jeunes qui ont du grave se déchirer la gueule, si j’en crois le nombre de cadavres que je dois slalomer. Je scrute le champ de bataille et lis dans les détritus comme dans une boule de cristal : je vois la partie mâle des ados s'exprimer avec fracas dans le défi et le n'mporte quoi : ils croient briller de classe et de désinvolture en jetant sur les rochers les bouteilles de bière qu'ils ont ingurgité pour délirer... être moins empoté, super cool et même complètement ouf.
Avant de devenir un jeune homme, le joli-papillon-petit-garçon-choyé doit se transformer en porc orgueilleux : ce à quoi il parvient la plupart du temps sans effort. Et les voilà petits fêtards, roi du vomi, célébrant perpétuellement leur venue au monde, titubant dans cette merveilleuse période de la jeunesse où l’on se sent une race à part, différente, supérieure peut-être, et où l’on casse ce qui est cassable, où l’on salit ce qui est salissable, où l’on agresse ce qui est…etc… y compris soi-même et surtout soi-même…On conchie la terre entière et son ordre et c’est bon non ? De pisser dans la mer du haut des rochers, d’hurler aux vagues son envie de reprendre encore une binouze, de défier la nuit du monde à coup de bites, de sentir que tout est là « ici et maintenant » et de finir par s’écrouler, overdosé d'alcool et croche-patter par l’invisible, qui en a marre de toutes ces conneries, et qui veut voir de la tête saigner sur les rochers, parce que c’est joli avec la mer derrière et que l’invisible lui il a du goût.
Bref, je fais donc gaffe aux aspérités à la con genre bouts de verres pics à glace punaises clous fils de fer mais également à tous les pièges naturels : ronces scorpions méduses oursins amphiptères... La nature n’est pas vicieuse mais elle a disposé ça et là des choses à même de nous érafler couper déchiqueter. Alors attention ! J'ai encore pas les pieds assez rugueux et épais pour marcher sur toutes ces conneries et autres hérissons des mers.
A part ça, la vie est belle, j'ai toujours chaud aux pieds et je jouis ! Et oui chui comme ça. Fakir du dimanche ? Podophile sûrement... Ma voûte plantaire est acupuncté par la terre qui connait par coeur ma cartographie : c'est elle qui l'a dessiné ! et des petites cailloux viennent s'incruster dans ma peau, pile là où il faut. De plus, les pieds constituent une merveilleuse porte d’entrée pour que la chaleur se diffuse dans tout mon corps. Bon, quand ils commencent à bouder bailler cloquer, je rejoins la plage, la mer, si dans l'eau je peux marcher alors... Ces sensations de pieds qui foulent tour à tour différentes textures reliefs et températures… alors… c’est... plaisir revigorant, énergétiquement cool.
Je finis par arriver à ma tente, je tombe de fatigue scié par la nage, les sensations fortes, la marche, la chaleur et m'endors très vite, je suis tout près de la mer et le bruit des vagues dans mes rêves se transforme, devient murmure souffle puis tempête. Alors je rêve à l'hiver, la neige, la pluie et je me dis que je devrais m'acheter une parka des gants et un bonnet tant que c'est les soldes. Puis je me réveille et me traîne à quatre pattes aux bords de l'eau : glacée !! Gelée !! La banquise en personne !!! Enchanté ! Et un peu plus loin, un monstre marin en patin à glace (genre gros casimir enragé) est en train d'enfoncer des bouteilles de vodka dans le cul d'adolescents qui ont l'air d'aimer trop ça : j'en vois qui rient mais remarquez d'autres ont l'air démembré, perforé genre mort ...je sais pas trop ce qui se passe...oups !! Non, ah d’accord, c'est que chui pas encore réveillé. Chui dans mon rêve. J'y reste. C'est bon de dormir... près de la plage... pendant que la mer veille...
12:10 Publié dans l'Aventure au Coin de la Rue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, poésie, écriture, humour, vacances, nature, vive la vie
24.05.2007
40) Le syndrôme des jambes lourdes ou le signe d'une vie d'assis qu'il va falloir changer en profondeur « attention ceci n'est pas un blog sur le cyclisme ».
Ces derniers temps j'ai moins la tête au blog, au surf, à tout ça avec des mots, des clics. Je boude l'internet. Vaguement. Faut dire j'en ai marre d'être assis. Déjà comme vous savez, je bosse la musique sur un ordinateur : assis donc ! Sinon je donne quelques cours pour renflouer les caisses : toujours assis. Il m'arrive souvent de boire des coups, encore assis, en terrasse. Et avec toi prolonger la conversation sur la colline, assis sur un banc qui surplombe la ville. Plus tard, nous mangeons assis dans des fauteuils, nous regardons des films : assis par terre.
Et faudrait que je reste assis pour écrire et nourrir ce blog ? Non c'en est trop ! c'est pas une vie ! Génération cul de plomb !!! A quoi ça sert les jambes bon sang dans le nouveau monde ??? Les miennes étaient pas bien grosses mais là : deux cannes.
Du coup, j'ai le syndrome des jambes lourdes. Si ! Ca me tiraille de partout. Elles sont comme remplies d'insectes qui agonisent sous la peau, elles voudraient transpirer, s'exprimer, tournicoter mais je ne leur en donne pas les moyens. Supplice du moindre effort. On finit par payer cher sa paresse ou son activité de rat de laboratoire. La nuit pour m'endormir, ça me lance, c'est terrible... je suis obligé de donner des coups de poings dessus ou me relever pour faire des étirements, qui du reste m'apaisent pas des masses. Et puis le yoga j'en suis revenu. Si on est pas vraiment très décontracté, progressif dans les postures, si on a pas une alimentation impeccable... on s'abime... de partout... notamment les articulations (genoux, chevilles), les cervicales, vertèbres... Le yoga pour nous les occidentaux c'est risqué. Encore plus délicat pour les grands nerveux comme moi qui en plus ont un penchant pour les saloperies. En tout cas moi je me suis souvent blessé. Et je déconseille aux sportifs du dimanche le pari du yoga. C'est pour les cadors ou les niakoués...
Non je sais, y'a que le sport de fond ! Alors quand j'en ai trop marre d'entendre mes jambes pousser la gueulante, je vais à la piscine, ou faire du vélo, de la course à pieds, des flexions à la con, de la pseudo-gym-muscu. Y'a pas à dire : rien de tel. Elles en redemandent. Elles sont faites pour ça. C'est con mais dès qu'on fait pas de sports régulièrement, la machine s'enraye et on commence à avoir tout un tas de trucs bizarres : ça gratte, ça tire, ça coince, ça grince, ça pique : on va chercher midi à quatorze heure, voire des spécialistes pour comprendre et ingurgiter des médicaments... je veux un traitement ! Je souffre ! Alors quoi ? C'est pas la peine tout ça : du sport régulièrement intelligemment sans violence et votre corps vous le rendra. Mais il faut prendre le temps pour ça, s'organiser un minimum, être cooooollll dans sa tête, disponible...
C'est là-bas, lorsque je bats à 150 160 pulsations, que tout me vient : un défilé de mots d'idées de phrases, c'est carnaval ! Cet accord de mes jambes avec la vie finit de délier la langue de mon esprit : et je pense comme je cours à toute allure et je pénètre ce qui assis glissait sur moi. Si je pouvais écrire en courant je serais autrement plus profond, subtil, sauvage. Lorsque je me rasseois, j'ai pratiquement tout oublié de ce qui m'est venu en transpirant.
Mais c'est dur de faire du sport, quand on est un peu intello sur les bords, genre trop mental...Je veux dire curieux, assoiffé, en quête. Si la tête est lourde de pensées, d'idées, de réflexions, de projets, d'opinions, de livres entiers, on est sans tonus, sans niaque ! Et on chope tout de suite un point de côté. Il est dur de retrouver le vide, la légèreté, le sens de la danse et de l'équilibre. Assumer les transitions : passer du fauteuil au stade, se retrouver le cerveau dans les talons... Le jour où les plus vifs d'esprits seront aussi les plus musclés, on pourra dire que l'homme aura quitté le rez de chaussée. Et attention, s'il décolle c'est pour ne plus jamais retomber. Enfin tout ça, c'est pas demain la veille, pour l'instant, c'est le règne de l'homme incomplet, l'homme biscornu, à moitié présentable.
Eh ben moi figurez vous, que j'me force, j'me fais violence, puisque mes jambes m'y oblige : je suis allé trop loin une fois de plus dans le rien. Déjà il y a quelques années, j'avais fait fort : j'étais resté allongé pendant des années 2, 3, 4 ans, je sais plus, une éternité. C'était une lune de miel, mon baptème de l'air avec la drogue. Une autre histoire. J'avais perdu 20 kilos en 3 mois, pour atteindre une maigreur critique. J'étais une planche, non ! plus exactement un baton avec une tête, une glace, un eskimo, une poupée vaudou. J'avais l'air d'un cobra qui se redresserait pour attaquer, tout en longueur...filiforme, infini. Mes jambes (et mes reins !) déjà à l'époque criaient famine. Je demandais souvent à ma copine d'alors de me pétrir ces deux tronc morts; chose qu'elles consentaient à faire quand elle en avait la force : rarement donc, je connaissais ce bonheur suprême d'oublier leur existence. Mes genoux fonctionnaient alors très mal et dans la douleur. Ils se souviennent comment je les ai longtemps snobés et m'en veulent encore les rancuniers.
C'est le corps à l'époque qui m'a fait ralentir la cadence, qui m'a rappelé à l'ordre des lois de la nature et de la condition humaine, cette prison ! En outre, plus on a de santé, de vigueur et de force physique et plus on peut jouir par les drogues. (raisonnement qui me motivait à ne pas tomber plus bas et à reprendre des forces) Lorsqu'on est plus qu'un moignon sur pattes, on trouve moins d'amplitude, de hauteur et d'intensité dans le plaisir. La vrai fête des sens a lieu dans un corps puissant et sain. C'est pourquoi d'ailleurs elle ne peut qu'être intermittente. Mais c'est un autre sujet.
Bon c'est très dur de remonter la pente comme on dit... la pente de la santé, de la robustesse... autant y'en a qui n'arrivent pas à maigrir, eh ben moi ce fut le contraire, impossible de prendre du poids, un fil de fer, le roseau pensant... Le corps est têtu dans ses habitudes, il veut plus rien savoir quand il a pris un pli. Il a fallu être patient, très patient.
La courbe de ma vie jusqu'ici fut sinosoïdale, j'ai retrouvé plusieurs fois quelques muscles qui ont refondu à la première apathie. Et une fois de plus aujourd'hui, mon corps se retrouve embarqué dans les tours de mes délires concaves; c'est depuis cet incessant manège qu'il me crie dans les virages, son message:
« méfie toi de cet ordinateur maudit. Assis, tu peux tout faire basculer, tout contrôler, tu es maître d'une matrice, ceinture noire virtuelle, là dans ta bulle, mais quelque chose en toi, dépérit... en tout cas ne peut pas grandir. Et moi je veux pour toi, le nouveau monde de l'esprit mais l'ancien aussi du corps glorieux, je veux que ton corps voyage, dérive, se frotte à l'inconnu, je veux pour toi les transes de la séduction, de la conquête, de la fierté et de l'humiliation, je veux que tu sois prêt à en découdre, je veux que tu connaisses... les délices de l'aventure... pour cela, je me permets ce conseil : il n'y a plus une minute à perdre, lève toi prends ton grabat et marche ! »
J'entends ce cri, cet appel dans la nuit. Chien d'intérieur aux faibles pattes, je me rêve loup cruel et vagabond. Mais ai-je encore seulement les genoux, les reins, les poignets ? Et ce verbe qui se fait paresseux. Un signe ? Il y a des époques, dans ma tête ça turbine, c'est pas croyable, alors j'écris ça me défoule. Mais en ce moment, c'est calme. Poil de bronze, regards d'airain. J'ai envie d'autre chose. Mon inconnu à moi. Un corps sain. Au diable les nerfs, l'esprit tourmenté, l'écran et la lecture. J'ai besoin de tenter ma chance. Là-bas où on pense moins, où on respire bien. Où on danse peut-être...
- Quoi ? Tu veux dire que tu vas aller faire du cyclisme, une randonnée, ou cueillir des champignons ?
- Mouaih...enfin il doit y avoir moyen de mettre les pieds dans la plat de boue, de se frotter le cul à l'écorce, tu vois ? Avoir froid, de la terre dans le coin des yeux, mais avoir chaud aux tempes d'un coeur qui cavale aux rythmes des jambes que n'arrêtent ni les ronces ni la fatigue, des jambes revigorées par la course folle et la fraicheur de la pluie, bientôt de bon gros cuissots... On m'aura aperçu au détour d'un bosquet, d'une teuf dans la forêt... on m'aura pris pour un centaure.
- Cours toujours...va... tu reviendras...
15:10 Publié dans Danses Ombilicales | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, poésie, écriture, humour, blog, yoga, santé
09.05.2007
39) Petits frémissements ombilicaux... regards en coin sur les élections et les promesses de sarkozy
Eh bien force est de constater que le monde veut encore de mon énergie : alors je continue à me nourrir et à courir partout. Echange classique d'une vie avec la vie. Je distribue les coups les regards les idées et on me rend tout ça transformé...
C'est dernier temps on a presque tous entendu parler des élections(Sauf les perchés qui continuent de danser sur les falaises...et les autres qui... tant d'autres finalement). On s'est fait intoxiquer. Ils ont voulu nous embarquer dans leurs histoires : qu'on les regarde, qu'on pense, qu'on commente, qu'on vote... même moi j'ai eu la tentation d'avoir des opinions, de choisir mon camp de mentale concentration. Mais au fond les convictions politiques c'est pas vraiment mon chemin. Comment me les aurais-je forger ? En tout cas, beaucoup y vont de leur petit collage : mélange d'humeurs et de valeurs, de peurs et d'idées, d'identifications et d'idéologies... et puis finalement on trébuche dans les partis, livreurs de cohérence, pour savoir ce qu'il faut penser, c'est bien commode, petits soldats, on choisit son chef, sa rangée et on prend le pack complet.
Au final bien plus que d'analyse il s'agit de ressentis... Comme on ressent une bête, un ami, on scrute, on perce, on pénètre l'opacité des protagonistes, qui pour le coup dans cette élection, nous ont donné à manger : leur profil psychologique tout croustillant ne laisse pas indifférent et donne envie de parler la bouche pleine.
On les écoute : Chacun y va de sa tambouille économico-sociale. Au final qu'est-ce qui reste ? La promesse de Sarko... "Faites moi confiance, je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas ". Alors là on peut difficilement faire mieux dans le genre. Il a l'air sûr de son coup le gars. Il est à l'opposé de la tentation jospinienne de dire un bout de la vérité : « L'état ne peut pas tout » Lui sarko fredonne à l'envi : « Je veux vous protéger » C'est quand même marrant...
Par contre, il a pas dit ce qu'on faisait si il perdait son pari et donc s'il arrivait à pas grand chose : le goudron les plumes, le sourire forcé, l'amputation... Faudra bien marquer le coup...d'autant qu'il est jeune; si on fait rien, il va s'accrocher avec ses grandes griffes velues au cul de la république pendant une éternité; ses promesses, son bilan, ses va-et-vient pour l'Elysée, il en a pour trop longtemps ! Regardez le Giscard, qui se débat encore, hantant les couloirs de l'europe ou tapis dans l'ombre de clermont-ferrand.
J'espère qu'il en a encore sous le pied, le sarko, des solutions, qu'il a ses petits secrets, parce que sinon j'ai peur qu'avec ses trois bouts de ficelles du travail, de la fonction publique, du bouclier fiscal...on aille pas très loin. Personne ne peut « changer » la vie des gens. On en a eu maintes fois la preuve. On peut réformer un pays, le normaliser, en allant, s'il le faut, contre son histoire et sa culture, pour qu'il devienne un acteur ultra-compétitif de la mondialisation... mais est-ce cela que les gens attendent ? on décevra toujours... les gens dans le quotidien de leur coeur, ont des attentes des espérances, des insatisfactions, des peurs, des souffrances qui fricotent avec l'infini... on peut aisément anticiper qu'ils ne se contenteront pas d'heures supplémentaires et de lapins blancs : sarko le magicien pourrait bien ne parvenir qu'à foutre un gros coup de massue sur la classe politique et leur crédibilité. Un de plus. J'ai l'impression que son attitude mégalo et infantilisante a fortement contribué à surinvestir la mission du président : certains se prennent même à espérer... à croire en des lendemains qui chantent. Pourtant, ce n'est que l'homme d'un parti d'un réseau d'un programme. Un de plus. Mais lui se rêve exemple, surhomme... papa... père d'un peuple unifié.
Mais voilà que je m'embarque tout seul dans les opinions et suis emporté par des réactions sans fondement, des ressentis. Ah la tentation est grande. Je suis intoxiqué. Je suis peut-être à côté. Ca y est j'y suis. J'aurais besoin de me purifier. Hélas c'est pas au programme. Va falloir patienter sévère et faire avec tout ce limon.
16:50 Publié dans Danses politiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Sarkozy, Présidentielle 2007, élections, journal intime, écriture
20.04.2007
38) La france qui ne travaille pas ??? qui triche ???? Et dimanche au final combien de pauvres pour sarkozy ???
Chaque parti politique se trouvent son bouc émissaire, sa caste à abattre, son goupe d'individus responsable de tous les maux : Pour le pen, c'est facile c'est l'étranger, qui nous coûte un max. Pour la gauche et surtout l'extrême gauche, c'est cet enculé de patron qui fait des bénéfices mais qui vire quand même pour lâcher du leste ou tout simplement se distraire, se marrer un bon coup.
Et puis il y a la cible de Sarkozy : la France qui ne travaille pas ... alors quoi ? Vous me mettrez du chomeurs, du rmistes et pêle-mêle vous me rajoutez les temps partiels, handicapés, femmes au foyers, retraités, et enfin, mais par gourmandise les fonctionnaires : tous glandeurs, vampires pompant le fric des lève-tôt et des drogués du boulot.
Dans tous les cas, on retrouve le même ancestrale stratagème du bouc !!! Le coupable tout désigné... émissaire... pourquoi pas le juif tant qu'on y est ... il a déjà donné mais il pourrait resservir. Tout ça c'est du pareil au même : on cherche à dérouler des valeurs par opposition à une caste qu'on fantasme uniforme, homogène, bien déterminée, et qui serait coupable de la déréliction, en tout cas agent accélérateur de l'entropie.
On se met à délirer à l'emporte-amalgame : Comme on peut entendre ça et là, les juifs sont tous riches, sarkozy arrive à associer les gens de gauche avec la France qui triche !!! Que veut-il ? Que la france de droite se groupe, se centre, se glace, se solidifie face à l'ennemi, qui plombe, tire la société vers la bas. Que dit-il ? « Il faut se débarrassser de cette vilaine gangraine, cette france qui ne veut pas travailler... Et alors alors... nous serons léger, guéri et nous renouerons avec la croissance et la fête capitaliste. »
Promesses bidons...arithmétique complètement foireuse...
N'est-ce pas indécent de sous-entendre qu'on économiserait beaucoup de pognon si on arrivait à faire travailler les rmistes qui sont en mesure de le faire, à coup de pompes dans le cul si y faut ? Mais s'il y a pseudo-triche parmi les pauvres, de quel montant au final parle-ton ? C'est dérisoire... C'est de la triche de pacotille... du vol de bonbon. On tricote la misère. On est dans les pièces jaunes là !!! Et les pauvres ne sont pas magiciens !! la boue qu'on leur donne reste boue !
C'est plutôt du côté des classes moyennes et bien sûr du côté des plus riches qu'il faut lorgner votre nez de fourmilier M. Sarkozy... Là les sommes sont déjà plus conséquentes. On va pouvoir discuter sérieux. Encore que... On fait fausse route. La triche, l'abus, le mal... font inévitablement partie du tout... c'est le pourcentage de perte ou vol imputé d'office. Normalement on en parle même pas. Ca fait partie du jeu. Toute entité a sa cave de poussières et d'araignées... qui ne remet pas en question les règles et la propreté de la maison. La part maudite...Quand on en parle c'est que ça va mal, qu'on a l'esprit très mal tourné. Vers les recoins, on louche en grimaçant : on perd de vue l'ensemble pour s'atteler aux faux-problèmes, le colmatage des mini-fuites alors qu'à côté des digues entières sont en train de lâcher.
On se gargarise de l'existence de « faux chomeurs, rmistes fraudeurs, malades imaginaires », sur TF1 par exemple, pitoyable droit de savoir... comme s'il en exister des armadas, des wagons entiers... Ca fait chavirer les frustrations, ça titille les rancoeurs : « quoi ? on me pompe mon fric pour le donner à tous ces salauds ! » Bravo ! bien joué ! Encore plus de gens pour qui les impôts sont un injuste prelèvement.
En fait il y a un autre intérêt à nous faire gober que la france d'en bas grouille de mecs trop contents d'avoir le rmi et d'avoir la belle vie. On cherche avec son gros culot à décharger le système de la responsabilité du chomâge. C'est notre faute !!! On veut rien foutre !!! Pourtant on sait qu' y'a pas de boulot pour tout le monde ! (si ! soi-disant 500 000 emplois qui trouve pas preneurs et qui change rien à la donne) et on sait depuis longtemps, que le chomâge est une composante intrinsèque du capitalisme (maintenir une pression sur les salaires, renforcer la soumission par la peur...) et est vécu comme une aubaine pr les classes dirigeantes ! Non pour eux le vrai projet c'est de déshabituer les gens à l'état-providence... Le chomâge serait plus un problème si on laissait les chômeurs se démmerder ( revenir à la bonne vieille entraide familiale). Qu'est-ce qu'on est allé s'emmerder avec toutes ces droits, ces retraites et tout le grand bazar des aides en tout genre !!! Et Sarkozy et sa clique de venir nous gloser dans les feuilles que si le peuple des branleurs et des mous du genous, voulait se sortir les doigt du cul... mais vraiment, s'y mettre quoi pour de bon... on sortirait la France du marasme, de l'impasse, du marigot... machiavéliques billevesées...
A droite, c'est le signe qu'on baisse les bras...on se résigne...Y'a plus de volontés politiques, mais de l'accompagnement, du pilotage, de la trésorerie. Sarkozy , le premier contre-maître avec cravache et tablier. Flic et comptable. Il se dit que quand même si les entreprises ont le droit de recruter des rmistes, ça devrait frémir niveau emploi, il devrait s'en recruter de partout du glandouillard. La dérégulation, ça peut vous faire des miracles !
C'est triste. La droite devrait être noble du front, inventive aristocrate et tout. Là elle remue les égouts du ressentiment et recrée le vieux clivage riche-de-droite / pauvre-de-gauche. Sarkozy n'a envoyé que des messages inquiétants pour la France d'en bas. Les bas salaires se savent en danger, à tout moment basculer, être dégager, devenir chomeurs-rmistes : ils sont donc j'imagine solidaires de cette caste de la précarité et ne veulent pas voir déchirer tous les filets. Du coup je me demande combien de pauvres vont voter pour Sarkozy ??? Autant on pouvait être pauvre et voter chirac ou lepen mais sarkozy... ça m'échappe... Faut être sacrément vicelard ou tordu, comme ces homos secrets des cités qui se font enculer en loucedé par des skins séropos... Se faire plomber par celui dont la haine nous excite et le mépris nous fascine.
15:10 Publié dans Danses politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique critique, Sarkozy, PS, journal intime, RMI, humour, politique
13.04.2007
37) Le RMI entre casse-tête et mission impossible... et si on l'augmentait nettement pour qu'on puisse enfin la créer, cette caste de branleurs qu'on fantasme...
Vous allez me dire : Et le rmi ? que je pourrais survivre avec le rmi et me taper le cul d'insouciance bienheureuse ! oui d'accord mais alors non ! pas « survivre », le mot juste serait « sous-vivre ». Le rmi ça suffit pas ! J'en veux plus, trop p'tit caca, très peu pour moi, bah je n'en ferai rien, trop dur, migraine et gangraine... On s'en sort que si on a quelques économies pour compléter...ou si à côté on a du black. Il faudrait augmenter le rmi pour que vraiment on puisse rien branler ou s'adonner à des activités non rémunérés, comme la poterie, le cerf-volant, le pique-nique et autres bucoliques partouzes. Là on pourrait parler d'assistanat...parce que dans la situation actuelle c'est pipeau ! tralala ! on ment on affabule... il faut avoir été dans la peau d'un rmiste pour comprendre la mission impossible qui lui incombe, à savoir vivre avec si peu d'argent...
Le rmi strict (sans économie ou aides extérieures, héritages, travail au noir ou je ne sais quoi...)...donc le rmi strict, c'est pas bouger pas sortir pas voiture pas voyage. L'essence hors de prix, c'est bien foutu, ça rend la voiture aux riches, à ceux qui la méritent, et toi t'es coincé dans ton trou, t'aurais tout le temps pourtant de visiter l'europe...ah c'est trop con ! bon tu prends quand même ta voiture, pour aller en teuf, et tu touches du bois quand tu rentres complètement bourré à 8 h du matin, caché dans la circulation des braves gens...parce qu'à la première panne, c'est foutu...l'allumage, la boite de vitesse, les freins...oublie...réparations impossibles !!! alors ça finit par arriver, tu commences à prendre le vélo pour des longues distances, tu prends même l'autoroute et tu te fais les cuisses. Mais tu peux rien transporter.
Le moindre investissement devient un casse-tête : un jour t'as forcément besoin d'acheter un gros truc...ben si forcément...un ordi, un lit, des chaussures, du champagne, de la coc...ben là tu peux pas. T'es niké. Jamais d'extra. Ca rend dingo. Faut faire avec ce que tu as. Système D. Deviens le roi de la débrouille et ronge ton frein ! Et si t'as encore faim, ça va être compliqué. Tu vas pouvoir manger mais mal. Normal ! t'avais oublié ? t'es au RMI ! Alors déjà tu te mets à quatre pattes...voilà...dans les rayons : c'est en bas que ça se passe pour toi...les petits prix...si tu veux rester debout, faut aller à leader price, leadl...mais alors je conseille pas la viande, ni les céréales, ni les boites...D'accord je chipote, les intestins s'habituent à tout. Sinon, est-ce que tu as bien regardé au fond des placards ? faut tout finir d'abord ! Les truc que tu gardais en cas de guerre, c'est maintenant ! tu es au rmi ! tout le monde veut ta peau ! C'est ta guerre , alors va falloir manger tout ce que tu trouves avant d'acheter : du foin, des vers, des patates, des feuilles, de la salade et autres fruits volés, tout ce qui traîne : les chats, chiens et même les vieilles mémés, seules et abandonnées...bien conservée, tu as de la bidoche pour une saison.
Bon et puis y'a aussi le problème de rien baiser. Parce que plus bander à cause soucis angoisse malbouffe pourriture partout...et puis de tout façon femmes pas mouillés devant rmistes. femmes toutes sèches détournées le regard loin du cafard et de sa porcherie. Normal ! Femmes vouloir : mec amant papa virilité situation pognon cadeau maison nid sécurité poupon vacances.
Les femmes veulent se sentir tirer...vers le haut. T'es mal barré. Elles veulent pas sentir l'odeur du mec toujours à la maison, mais le musc et la transpiration de celui qui rentre, de celui qu'elles attendent, de celui qui les trompent peut-être...mais de celui qui bosse en tout cas ! Donc au rmi...les rates quittent le navire...et méfie toi...La misère t'ancre sévèrement dans la solitude. Parce qu'il faut les suivre tes amis, dans leurs dépenses, leurs restos, leurs pokers, leurs WE par ci, leur festival par là....Que nenni, l'ami... Etre au rmi consite quand même souvent à faire le mort...à mener une vie parallèle en tout cas régie par d'autres habitudes...Pour un rmiste, les riches, c'est les autres ! tous les autres ! et pour qui c'est une vie ? Quel rmiste ne s'endort pas en passant à son come back ? Quel rmiste ne se rêve pas... phénix ?
Alors moi j'entends ici et là des drôles de discours sur le RMI venant de la droite et de son épée rouillée Sarkozy... qui brandissent l'épouvantail du fainéant, du profiteur, de l'apathique encouragé par de telles mesure à rien branler. Il s'agit pour eux de dénoncer la logique soi-disant vicieuse de l'assistanat, en mettant par exemple en avant des exceptions... Foutaises ! Fantasmes ! Manipulations ! Ou tout simplement ignorance, car peut-être ces gens-là, croient sincèrement qu'on peut se pavaner avec le rmi et sentir bon du cul, tellement ils n'ont aucune idée du coût de la vie et du goût de la misère. Au contraire, Le RMI et les avantages qui en découlent (CMU, chèques alimentaires...) sont bien faits et sont ce qu'ils sont : un kit de survie transitoire... tellement minimum, que l'écrasante majorité a envie de s'en débarasser au plus vite. Même pour un salaire de misère, à savoir le SMIC. Bon c'est quand même mieux...de remonter dans le train...tout à gagner...au présent et pour l'avenir à préparer. Donc c'est pas tout à fait vrai qu'on a à choisir entre la peste et le choléra (rmi et smic), même s'il s'agirait d'augmenter les bas salaires, pour rendre l'ascension plus flagrante.
La fausse bonne solution, c'est de faire travailler les rmistes !!! Bien sûr c'est tentant de ne plus imaginer les rmistes chez eux à attendre le déluge mais à pied d'oeuvre, siffler en travaillant, tels les 7 nains, le coeur tout embaumé, le sourire en bandoulière... Cela dit, ça ressemble à un coup fourré, un tour de passe-passe pour transformer le rmi en SMIC...Double intérêt : Faire baisser les chiffres du chômage et faire sauter le smic comme valeur plancher. Ainsi, des hordes de chômeurs virés, en fin de droit, vont aller grossir les rangs des rmistes...et on va les mettre au boulot, tous ces cons, tas de fainéants, moins que rien, et pour le même prix ! celui de la misère...pour le plus grand plaisir des ignobles-patrons-cannibales-rapaces-harpagon (slurp ! miam ! c'est bon ! plein les babines !) , qui attendent que ça, et aussi la fin des 35 heures, la suppression des vacances, des impôts, la fin de l'interdiction du travail la nuit, pour les mineurs...Enfin ce qui était de la survie en attente d'emploi devient de l'esclavage. On peut recruter du rmsite paumé pour pas un rond, pourquoi s'en priver ? dégage chomeur trop cher exigeant avec ton smic !
Alors je propose de doubler le rmi pour qu'enfin puisse apparaître cette caste dont tout le monde fantasme pour l'instant l'existence : les branleurs, les fainéants, les profiteurs, les paresseux, les rêveurs, les insouciants, les poètes, les peintres, les danseurs, les musiciens, les jongleurs, les bizarres tout marginaux, les funambules, les indépendants, les farfelus, les excentriques, les allumés, les mélancoliques, les tout percés, les faiseurs de bulles, les drogués, les skateurs-surfeurs, les no-life, les collectionneurs, les dépendants, les boulistes, les comiques-troupiers, les trop gourmands, les anorexiques, les dépressifs, les assistés, les gamers, les sportifs du dimanches, les entarteurs, les timides, les promeneurs, ceux qui paient pas de mine mais qui sont ravagés par l'angoisse ou l'ennui d'aller travailler, j'oublie tellement de catégories... parmi ceux qui ont tout compris à la vie... Qu'on leur verse le RMIP : le revenu minimum d'inaptitude professionnelle. Que la majorité travaille ! Ca ne dérange personne ? Alors qu'elle continue...Déja elle en a besoin, pour son équilibre, sa santé et en plus elle crée suffisamment de richesse pour subventionner la minorité allergique à l'entreprise ses valeurs sa discipline son odeur... Apprenons à vivre ensemble, de concert. Vive l'entraide et la liberté.
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01.04.2007
36) "L'argent ne pousse pas sur les arbres"
Bon. Me voilà à nouveau fauché rincé raqué. J'ai beau retourner mes poches..c'est miettes de pain sur les pieds. Nada. J'ai tout claqué, comme une conne de cigale, l'été dernier et l'automne foudroyant, qui a suivi. Je me suis enflammé dans des dépenses que j'aurais pu éviter si j'avais pu calmer ma furie autrement. Mais l'eau du robinet a pas suffi. Il a fallu mener la grande vie et maintenant c'est vaches maigres cailloux haricot vert et pain de mie.
Monde de merde. Il va falloir retravailler ! Enfin pas exactement...le problème c'est pas le travail c'est le travail rémunéré ! Trouver le bon vecteur pour transformer son énergie en pognon et non pas en rêve ou en fumée. Moi je me demande jamais si ce dans quoi je m'engage, un jour va me rapporter... et la plupart du temps je travaille pour des prunes, je veux dire très peu par rapport à mon investissement personnel (des embryons de biffetons et de gloires craquelées comme des feuilles passent ça et là se froisser dans mes mains )...Par ci par là ça tombe...un peu...n'importe quand... Et j'essaie d'en récupérer au vol... Mais n'étant ni habitué ni friant de cet acrobatie, je reste maladroit.
Alors arrive à pas de loup l'indigence...il s'agirait de changer, de s'éveiller à la nécessité, la responsabilité, l'avenir, la promesse...il serait temps, vraiment, de devenir une pile productive, un rouage efficient, un maillon utile...Allez il conviendrait de grandir, de mettre un peu d'eau dans son vin, de savoir s'écarter de sa trajectoire, d'amputer son temps d'éternité pour se rendre utile à quelqu'un à quelque chose... et pourtant...même là acculé, y'a toujours moyen de moyenner. De s'échapper. En cherchant bien, au pied du mur, vous trouverez toujours une trappe...
Là aujourd'hui à quatre pattes, encore je la cherche. Je pourrais voler, dealer, trafiquer mais je ne dispose pas actuellement des bonnes connections ou dispositions (J'arpente un territoire abandonné...) et du tempérament (j'ai peur, je tremble à l'idée de...). Et c'est mieux comme ça...j'ai trop de musique à tartiner pour me faire gauler connement (le temps..."mon précieux"). Je pourrais taxer, emprunter...pour reculer le problème, gagner quelques mois...bof ! A qui ? Mes parents ? c'est sûr ils accepteront. Mais leur générosité sans faille a été à double tranchant...Sur mon corps les marques d'un amour maternelle trop chaud (jusqu'à quand te traire, maman ?) Je ne veux pas redonner du relief à ce que polit admirablement le temps et offre de providentiel détachement. Mes amis ? n'y pensons plus. Ma copine...elle attend que ça, la garce, que j'my mette, que j'attérisse...elle comprend pas...mes grands bras...me gènent...et ma tête cabossée...Argh !!
Là aujourd'hui, je pense à l'argent, le fric...par ici la monnaie...qui suinte et tombe d'on ne sait où ! partout ? pourtant pas ici ! ni là où les terres ouvrent de larges sourires de sécheresse. Je ne serai jamais opérationnel ? trempé de tunes ? Et tous ces trucs stupides qui passent dans ma tête : La valise abandonnée qu'on trouve pleine à craquer...le sac tombé du fourgon blindé...Le trésor au fond du grenier !!! Merde ! et sinon le pt'tit casse pourri au bureau de poste voisin...2000 euros pour voir venir... au tabac...500 euros bon à prendre...ou carrément le maxi-braquage avec complices plan armes cavale planque. Et puis y'a le loto...Quand j'en arrive là, je mesure ma nullité, l'étendue de mon impuissance et finalement, ma banalité.
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22.03.2007
35) L'homme se donne en spectacle. La nature rit sous cape. Transe calquée sur ce paradigme. Catharsis et simulation de meurtre...
La nature a une constance, une amplitude princière, un pur haussement d'épaule, c'est la boucle cachée dont je parlais, le rire sous cape...devant l'homme et sa confusion, son débraillé, son bavardage, ses gesticulations...c'est cette différence d'attitude qui me plaît, cette opposition que je pointe du nez en musique s'il vous plaît. Une nature-chapiteau stable solide qui vibre de rire devant le numero de l'homme, clown malgré lui. Je fabrique donc une boucle complexe mais courte (symbolisant ce petit rire grinçant), qui habitera le morceau d'un bout à l'autre sans varier de rythme et d'essence, lui conférant ainsi sa nature hypnotique. En revanche son intensité pourra diminuer, en fonction de l'épaisseur des couches successives de sons que je rajoute; à l'image en ça de la nature rognée par le progrès la démographie la pollution.
Tous ces sons qui viennent s'emboiter avec délicatesse ou fracas de façon rythmée ou anarchique représentent ce dont j'ai déjà beaucoup parlé : le fameux accouplement incestueux et violent, un écrasement barbare sous les coups, cet étouffement sous le poids des corps ennemis, et à terme ce meutre (voir notes précédentes). Cela dit c'est une histoire qu'il faut raconter, et on trouve ça et là des moments d'abstinence de paix des couleurs qu'on a envie d'avaler. C'est pas non plus les ronces de l'enfer qu'il nous faut traverser. Savant dosage pour créer une géographie propre au voyage initiatique. Il faut capter le grand rythme, la juste progression pour mettre le corps en transe et enrayer peu à peu le cerveau dans son fonctionnement normal.
Le cerveau de celui qui entend, qui est prêt, disponible, se trouve submergé de signes, fasciné, se concentre alors sur le décodage sensoriel. Il se découvre un potentiel inouï de vibration, il est dans tous ses états, haletant, transpirant, sidéré. Le voilà à deux doigts d'avoir la foi, de croire en ses pouvoirs magiques...ah tous les mondes insoupçonnés...Plus rien ne sera jamais comme avant...Des mondes visuels (relief, couleurs, formes...) et auditifs nouveaux se révèlent à lui. Le rideau est déchiré, le monde retrouve sa brillance. Il est dans l'inconnu, l'abondance, la sensualité, l'expérience totale. Le cerveau décodent à la vitesse de la musique et n'a ni le temps ni la capacité pour autre chose (agir, parler, manger, réfléchir, analyser, se souvenir, vouloir, se mouvoir avec précision...). Nous voilà handicapé et génie en même temps. Incapable d'aligner trois mots mais danseur fou à lié de perfection désarticulée. Le cerveau décroche se love et se tait, laissant au grand corps-conscient la pleine mesure de sa puissance de sa capacité de jouissance.
Ainsi cette musique peut mettre en transe dans la mesure où elle est totale catharsis et construite dans ce seul but : Je l'écoute, je mime ce qu'elle suggère, je deviens autre, étranger à moi-même, je prends tous les rôles dans les danses les plus follement suggestives. Je suis tous les personnages de l'univers connu mais également je pressens les autres créatures et leur réserve les plus tordantes grimaces : tous les visages défilent sur le sien qui se gondole à l'infini...jusqu'à l'ultime rôle : Je me projette tout contre cette fin du monde, amoureusement, endiablé, ce moment de l'ultime faciale éjaculation...Fermer ainsi à jamais ces yeux moqueurs et violacés qui me regarde derrière le rideau m'entortiller et grimacer ...et je suis pendant quelques minutes le destin de l'humanité, sa caricature : je suis cet homme hors de lui irresponsable nu, qui va devenir un meurtrier, précisément à cet instant...l'acmé de sa transe.
Lorsque je reviens à moi, je comprends que si j'avais pu, j'aurai emporté le monde avec moi, dans mon délire...aller trop loin...appuyer sur le bouton...comme ça juste pour détruire, ne plus entendre le rire et voir tout s'embraser par instinct goût de la démesure enfantillage sens de l'humour et du spectacle pyrotechnique...fantasme démiurgique (débile ? humain ?) d'entrainer le monde dans sa chute, le trainer derrière soi comme un cadavre jusqu'au fleuve...entendre le cri du clown qui se prend en pleine cascade le chapiteau sur la gueule. Mais heureusement je suis dans la simulation au nom du défoulement. Et je ressens à nouveau avec joie et soulagement la présence du monde intact souverain sûr de lui bien assis qui éclaire nourrit porte fait vivre vieillir tressaillir, me donne le sens du plaisir de la grandeur et du rythme souverain par l'abondance et la complexité de son énergie, rentre en interaction avec mon cerveau et ses synapses pour qu'entre moi et lui se glissent les beautés du quotidien...et je compare ses règles, ses lois...celle du plus fort, sa chaine alimentaire, à notre grouillement où il n'y a plus ni fort ni faible, mais un pullulement de l'identique, du pareil au même, dont les plus torves, les plus pourris, les plus vermines arrivent à tirer profit. Je remarque alors que le monde m'a tout rendu oui mon septicisme aussi je ne suis plus seulement extase et sentiments mais aussi tout le contraire et grognements...tout refonctionne bien a peu près... je sais à nouveau comparer donc, et écrire espérer chanter synthétiser conduire traire moucher...et puis marcher...là-bas un peu plus loin dans la forêt, me reposer les oreilles, laisser venir à moi les pensées :
La nature, dans ses recoins, bien que peau de chagrin reste encore en 2007 un point de repère, un champ de liberté où gambader batifoler rugir tripper être soi en tribu seul ou avec toi...le seul hors du monde de notre monde quadrillé fliqué filmé. J'entends par nature les endroits délaissés, sans succès, vide, hors du coup, sans attraits évidents, qu'on trouve par exemple en haute montagne en forêt dans les campagnes reculés, les bosquets en bordure des champs cultivés, les fossés près des camps... et tous ces trous de paradis semés partout dans tous les pays. Des endroits tenus secrets par les loups sangliers buffles panthères vieilles mémés oiseaux de printemps buissons carrés de ciel et tout ceux qui ne veulent pas voir débarquer les étrangers les touristes et leurs gueules enfarinées.
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15.03.2007
34) il s'agit des bruits générés par l'accouplement bestial et incestueux de l'homme et de la nature...
Certaines musiques me mettent véritablement en transe, elles sont dures à définir avec les mots d'avant. Il faudra créer un alphabet pour parler de ces nouvelles créations et de leurs replis; la musique moderne electronique est une pieuvre en mutation, dont les tentacules trempent dans les pots de couleurs les plus éloignés (experimental tribal transe acoustique jazz classique techno...), autant dire qu'on arrive à quelque chose de plutôt mutant et bariolé...mais aujourd'hui là n'est pas mon propos. Je voudrais dire que la nature, la vie même, a ce don : mettre en transe; quand un certain nombre de conditions (intérieures et extérieures) sont réunies. D'ailleurs, c'est la nature ou plutôt ce que je perçois d'elle qui m'a permis de définir une ligne artistique, un concept pour la création musicale. Je m'explique.
Trainer ici et là sur le globe, mes guêtres de troubadour, revenait finalement à faire des aller-retour entre des coins de nature relativement préservé, sauvage, revigorant et des villes sordides bondés étouffantes. Les hommes ont fait leur nid ou plutôt ont dressé leur étable sous les bras chauds et mouillés de leur mère-Nature : bouge étrangement infâme où ils se sont entassé hystériquement et ont gardé tout juste la place de tourner en rond. Mais bien vite tels les colons momifiés dans leur ennui, avides de cruelles distraction et de vents frais, ils s'en sont allés pullulés ailleurs, partout égoutter leur crasse et souiller le corps accueillant de leur passage mortifère : une sorte de gangrène, mais avec encore plus d'odeurs fétides et de croûtes écaillées qui grattent à s'arracher l'anus.
La façon dont les hommes, bardés de pulsions et de cruautés, se jettent dans la vie et sur la nature, m'évoquent ces ados déments et pervers qui pour déconner ou filmer un truc qui déchire, se jettent sur leur mère pour la violer. Tout le monde assiste éberlué à ce gang-bang de l'outrance qui s'achève dans un flot de sperme se déversant sur la maman, tout cela générant un sublime concert de gémissements, cris, et autres grognements. Malgré l'assaut et les abus, la nature reste là sans bouger, transformée, noyée : elle est un corps maculé d'ordures et de tous les crachats. Seulement la nature elle en a vu d'autres, c'est pas une ruée de boutoneux délirants qui va l'impressionner. Son vagin c'est le plus grand four crématoire de l'histoire. Et qui s'y frotte s'y brûle. Elle peut en faire des charniers...à volonté "Venez tous me défoncer...avec une maladie vénérienne d'un genre nouveau vous repartirez; une infection localisée foudroyante " Et plus tard, c'est vrai, on peut voir les ados agoniser, dans la solitude, sur le sol, étendu, entortillé de peur, autour de leur prépuce, tout sec détaché dans leur mains.
La nature demande que ça de crever...Mais elle se défendra quand même. Coup sur coup elle rendra. Et à la fin elle emportera tout le monde se réchauffer dans son suicide. Fallait pas la chercher, c'est nous, les hyènes, qu'on a commencé à faire les malins.
Eh bien voilà, on y est : c'est cet accouplement bestial et monstrueux de l'homme et la nature que j'essaie de traduire en musique...Tous les bruits voix sons cris déchirements textures qui évoquent ce coït ce désordre sexuel cette porcherie. D'ailleurs, après coup, il apparait que ce n'est pas un viol. Plutôt une torture...infligée à une nature consentante, prête à se laisser transformer dans la mutilation pour jouer avec lui. Car dans mon trip et ma musique, la nature et l'homme constitue le couple sado-maso parfait...prêt à dérouler son délire aux confins de l'extase de la souffrance du rire et de la mort.
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09.03.2007
33) Caractériser mon obsession...C'est la même chose partout qui scintille derrière se gondole et grimace...projection le jour de la guérison.
Je me suis tu longtemps dites donc. Enfin...chacun appréciera. Celui qui a un clou rouillé qui pousse dans les fesses, il a eu le temps de voir venir. Moi j'étais à ma p'tite fabrique où j'ai travaillé au corps les noeuds, arpenter les sutures. Vous vous souvenez les pièces musicales, les bouts, les samples, les partitions de mondes enchevêtrés. J'ai pas fini d'expliquer.
En gros j'avais parlé de la cacophonie apparente comme d'un écran qui recouvre une harmonie, un chant, qu'il s'agit de percevoir et de transcrire malgré tout. Chacun sa manière, son style. Moi l'oreille c'est mon truc. Mais y'en a qui préfère les images pour dire leur vérité. Ca doit être une détermination génétique, ça dépend des êtres; des lignées. Cela dit, je sais que c'est la même chose, lorsqu'on observe en s'oubliant, on voit la présence des choses qui baignent et on est saisi par leur revêtement bien spécifique, fasciné par les textures, richesse brillance couleur complexité. On se met alors à pénétrer la superficie, et on découvre dans la couche, des motifs qui se répètent infiniment. Les sédiments d'une poésie mathématique. C'est la même chose partout qui scintille derrière se gondole et grimace. J'ai vu à un moment donné des alphabets, des murs fondre en cristaux, la matière révéler sa nature de flocon, des enfants qui font la ronde se transformer en squelettes, des os reliés entre eux qui forment une frise qui prend la forme qu'on veux bien lui prêter : une armée d'insectes, des grains de raisins, un défilé fasciste...tout ce qui frise...niveau motifs...
Voilà c'est cette frise, cette engrenage, ce machin en mouvement que j'essaie de reconstituer. Avec des bruits. Une boucle pure et des mondes qui craquent tout autour. J'en ai encore pour longtemps; disons pour toujours. A chacun son appréciation du toujours. Le dernier jour du toujours, j'espère pouvoir réunir tout le bordel et on verra si je me suis trompé ou quoi; si le compte est bon, si les pièces sont bien taillées, si mon oreille droite qui part en couille d'acouphène ne m'a pas lâché avant, une sorte de transe j'aurais créé. Perceptible comme transe pour certain seulement bien sûr. La poignée. Les autres n'y verront que du feu. Et ça sera tant pis. Normal.
Je me vois ce jour là sortir de mon antre à cloche-pied avec cette couche sèche de morve sur le face et lever au ciel un front haut nimbé à nouveau d'une insouciance que je croyais perdu à jamais. J'aurai le coeur léger pour la première fois depuis tant d'années. J'aurai retrouvé cette fleur et son parfum aura tué ma fièvre ! En avoir fini avec moi-même, avec ce qu'il fallait faire pour me libérer, et être enfin disponible. Pouvoir passer à autre chose, ouvrir un autre livre qui parlerait encore de moi mais en même temps d'un tout autre moi : le moi délivré de son obsession. Pour la première fois je tiendrai un langage de vérité aux gens à mes amis aux arbres aux bêtes aux cailloux; je les regarderai bien profond dans les atomes, prêt à donner, à partager. Peut-être on ne comprendra pas, peut-être on aura pas compris, pourquoi il a fallu en passer par là. Pas grave...D'où venait Le Plan ? J'aurai derrière moi un énorme morceau de nuit. Toutes ces années passées à bricoler dans mon établi loin de la lumière du jour et des enfants qui font la ronde en chantant. Ça s'appellera mon secret. On n'en verra que l'écume, la bave couler de ma bouche épuisée...
Dans ce ciel, ces bois, ces prés, ces routes, ces villages, rien n'aura changé mais moi je verrai bien que le monde est pur éternel présent art en mouvement tremblement enlacement de vie. Je me tiendrai à sa pointe et j'attendrai ma poignée. Avec du eux, du rabe ! Du feu ! Des ou-transes ! Quelques années ! Très peu peut-être mais ça suffira bien.
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13.02.2007
32) La petite comptine enivrante fredonnée par les lèvres amarantes magiquement souples du vagin des choses
En effet, tout peut bien se plier et se déplier autour de moi selon les caprices du dieu Origami, la dernière figure-monde qui nous contient peut bien s'embraser, le ciel peut bien se fendre et emporter dans son trou au moins la moitié de tout ce qu'on voit par la fenêtre ou du haut des collines, moi-même je ne le verrai pas. Ou disons, je ne le percevrai pas comme tel. Je sens la présence et le mouvement de tout ce qui bouge évolue autour de moi, mais je ne pose pas vraiment les yeux dessus, je ne parviens pas à faire la mise au point. Je regarde ailleurs. C'est pour moi plutôt comme une clinquante décoration, un vêtement chaud, des violons aériens. J' en ai besoin, c'est bien mais je m'en fous. Ma suave obsession, mon bonheur est ailleurs.
En effet tout arrive bien avec fracas et vient agoniser devant mes pieds : j'enjambe le souk et je laisse à d'autres le plaisir sadique de finir le boulot. Tuer ça me branche moyen depuis que j'ai capté que pour en arriver là il avait fallu percer à jour sans anesthésie celle qui m'aimait (billet précédent). Il faut bien du courage pour s'en sortir du fourbi marécageux de saisons de pubertés de cycles de vieillesse...tout déstabilisant ! Repartir à zéro sans cesse. Pas beaucoup de récompense ! Peu de havre ! Aucun encouragement ! Seul ! Tout le monde s'en fout que je crève ou que je continue. Alors donc je continue. Mais si y'a en un qui commence à trop s'intéresser, je me suiciderai pour lui montrer comment chui fabriqué dans l'esprit de contradiction. Bon faudrait que j'moublie pour ça, le temps de l'overdose, parce que depuis le temps que je m' fréquente, je me suis habitué à moi, je m'aime peut-être...
Et puis ça m' ferait mal de plus entendre la petite comptine enivrante fredonnée par les lèvres amarantes magiquement souples du vagin des choses...de toutes les choses...La petite voix qui percent le tintamarre comme l'acide ronge les plats. C'est de ça que je parle depuis le début. Alors il faut imaginer la rue, un ignoble rond-point, un accident, les gens qui traversent, les klaxons, les poulets...et tout ça se gondole comme dans un rêve, on entend la musique, comme une boucle parfaite formée de percussion de voix ou je ne sais quoi impossible à distinguer...ça constitue un motif rythmique, simple, basique, qui semble se répèter à perpétuité...en tout cas quand je rentre chez moi, elle est là. Je m'enferme dans une chambre, je mets du son, mais elle est encore là; je sors je cours dans les chemins, mon souffle s'accélère, mon coeur m'envahit et la boucle est toujours là calée sur lui mon coeur, et je cours en rythme, je suis rattrapé, cueilli, emporté...
L'oreille sur la chatte, j'osculte l'arrière plan, et dans mon casque de gynéco j'entends la comptine qui berce le gros poupon que je suis. C'était peut-être la même musique que j'entendais du ventre...Et qui me massait déjà. On dirait que j'ai pas besoin des oreilles pour ça et de tout l'appareil. Même dans le silence elle est là. Ce ne sont pas des bruits à part du monde, s'en sont peut-être simplement des sécrétions. Des gouttes qui donnent le rythme et tout le reste vient se poser dessus...comme par magie, au bon endroit, sur les bons temps.
Alors pourquoi ce reste ? De la boucle seule on perdrait la saveur, s'il ne fallait pas la distinguer...C'est ce travail de différenciation des potentiels, des couleurs, des reliefs, qui nous fait tripper : Je reçois les signes dans la passivité apparente mais au fond secrêtement je m'accomplis dans l'élection. Tout le superflu est donc nécessaire en tant qu'accessoire du vide. Tout comme j'ai besoin des gens qui passent autour de nous, de ces oiseaux à la con, du vent, des bâtiments, des bruits, des voix qui habillent l'espace, pendant que je t'enlace et me joins à ton désir. L'important c'est ton corps dont j'emboîte le pas...mais je ne veux pas le désert pour décor. Je veux toutes les choses qui flottent et qui me sont familières. Je veux t'aimer dans le monde son chaos et tous ces bouts de miroirs éclatés. Eh bien de la même manière je veux entendre la boucle parfaite qui me met en transe malgré la foire et le vacarme ambiant. Je ne veux pas être nez à nez avec elle. Je veux être confronté au défi de l'entendre. Car quand je la perçois, c'est que je disparais, mon mental se résorbe dans cette perception. C'est lui qui croyait à la dissonance continue. Maintenant je vois qu'elle est toujours passagère recherche d'accord plus lointain transition énergie débauche jeu taquinerie, comme on pousse quelqu'un qui fait l'équilibre.
Maintenant j'entend l'euphonie, les bras m'en tombent, tous les bruits sont devenus des harmoniques. La confusion était dans ma perception mon coeur mon esprit pourri agité mes nerfs détraqués. Là maintenant ça chante bien alors je me tais.
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07.02.2007
31) D'un côté il faut savoir se détendre et s'expliquer...lâcher des infos sur sa passion...de l'autre il s'agit quand même de meurtre. Et tuer sa mère c'est pas rien.
Est-ce qu'on me comprend ? (sur la note précédente) Je veux dire mes proches copines amis famille connaissances reluqueurs voyeurs en tout genre...non bien sûr...ou un peu à peine parfois. Certains amis oui. Evidemment. Ceux qui ont fait quelques croisières virées naufrages avec moi, qui furent de la partie au moment où il fallait arracher ses tripes avec les dents. Les vrais comme on dit. Mais ils sont loin pour une accolade ou une poignée de main, dispatchés dans le monde. A vivre leurs aventures à poursuivre leurs errances. Le cercle se reforme plusieurs fois l'an pour faire le plein. De temps en temps un miroir ça oriente, ça fixe, ça donne des repères : sans ça on en oublierait qui on est. Avec eux on ne parle pas, on se comprend, on s'touche, on se regarde. C'est avec les autres par ici ou ailleurs aussi, qu'il faut prononcer des mots et les inclure dans des phrases toutes faites, pour combler la distance, tromper le vide, casser le silence : faut bien s'échanger des paroles à défaut d'autres choses. Les formules sont là, tournoient dans l'espace, dépourvues de sens, on s'en saisit et on se les envoie, un espèce de tennis pour s'exciter les nerfs, accélérer son coeur pour au final calmer ses ardeurs et grignoter ses pulsions. Alors je souris quand c'est sensé être drôle, je marmotte, je bouldogue, je tire-au-flanc voire je passe quand c'est mon tour; ou sinon je me drogue un peu : eh là miracle, les cons m'amusent, au fond ils sont guignols, pas méchants, j'ai été dur. Allez je vais me détendre et prendre un peu de bon temps : jouons un peu à la barbichette tant qu'on est vivant. Ce que je peux être regardant sur la marchandise parfois...beaucoup trop...regardant. Ceux là ce soir ils feront bien l'affaire.
Les autres soirs c'est avec les mêmes que j'arrondis, je mens, j'embellis, je travestis. Je veux dire quand on parle de moi et qu'on est curieux : les gens me posent des questions. Mais nos dialogues ne mènent pas loin. Ce qu'ils entrevoient, ce qui passe malgré moi, les laisse dans l'expectative et le bredouillage : J'entends « peur pour moi », avenir et je décroche très vite, j'ai immédiatement sommeil. Parce que je les connais trop, ils aiment bien ce rôle là : faire la morale, jouer les bons samaritains, prodiguer les conseils pour se remettre sur la voie, faire entendre raison, un homme averti en vaut deux, tant va la cruche à l'eau... Ils ont le sentiment qu'il y a un parcours souhaitable à tout homme et qui a d'ailleurs de nombreux point commun avec le leur... Et les voilà lancés, les satellites de la norme, les gardiens du pot commun dans lequel ils veulent que je vienne chier moi aussi : c'est parti pour la rengaine des clichés dictée par la peur et la moutonîte aigue : « c'est pas normal quand même...à ton âge...les gens gagnent de l'argent, se marient, ont des enfants...c'est la vie...tu peux pas continuer comme ça...construire...projets...métier...y'a un moment où les filles elles voudront plus de toi...pognons...avenir...et la retraite ty pense ?...C'est pas une vie qu'tu mènes...gâcher de si belles études...pour faire quoi ???....des grimaces ???? »
Eh bien, oui des grimaces mais pas seulement, également des pirouettes, la marche du crabe et la nage indienne dans les torrents; et puis le son...toujours le son... je triture les samples, je crée des textures, j'agence des sons; je bidouille les ondes, je crée un bruit qui aspire le silence alentour et dans le magma formé, je sculpte une espèce d'oraison. J'ai besoin de sentir que ça jaillit des machines; Ca vient après les hommes, et ça recrée leur monde, leur agencement dans la nature : l'assemblage des bruits de l'entreprise humaine sur les sons de la nature. Le chaos sur la nappe. Le rideau qu'on déchire. Le papier qu'on découpe, la surface qui s'éclipse...Je recrée le bruit de la lame : L'homme impatient dans le ventre de la nature, qui se fraye un chemin à travers les organes, déchire la peau à coup de couteau, et pointe au dehors sa tête d'assasin, en sang, l'utérus entre les dents. C'est ce matricide, dans le désert grondant qui est beau. L'homme tuant sa propre mère dans un mélange d'empressement débile et de curiosité mal placée sous le coup de fantasmes tout-puissants. La fuite en avant de l'homme petit...ratatiné...abruti...asphyxié par ses propres pulsions...son corps qui ne lui laisse aucun répit et qu'il ne connait pas. Cette homme dépouvue de goût pour la déco de son intériorité, déroulant alors sans honte sur la table tous ces délires merdiques de petit puceau et éclaboussant salement le proche et le lointain de son inconscient moyen-ageux.
Ce sont les bruits de ce meurtre que je mets en boîte. Couteaux chaines machines-outils usine bistouri liquide fantôme souffle barreau vent gargouille grognement animaux tous les craqs les han les cheuuuu les cris...oui ballets de cris...Les cris de l'enfant monstre adulte mêlés à ceux de la mère ogresse énorme à la peau pendante qui agonise et finit par céder au chaos de douleur... un calvaire pour tout le monde... L'homme ayant tué celle qui l'a enfanté tourne son ignoble grimace vers le ciel plus épais que jamais : il veut enfin la récompense : retourner dans l'indistinction, le vide, le régal de la non-existence. C'est peine perdue. Ce meurtre absurde n'aboutira qu'à une nouvelle naissance.
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